Appel à communications colloque international « L’éducation en situation migratoire »

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Terre d’accueil historique, la France a scolarisé de nombreux enfants étrangers tout au long du XXe siècle (Noiriel, 1988 ; Sayad 2014). Depuis les années 1970, l’Éducation nationale charge les CEFISEM (Centres de formation et d'information pour la scolarisation des enfants de migrants) puis les CASNAV (Centre académique pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs) de gérer la scolarisation des enfants en situation de migration et d’allophonie. L’objectif de promouvoir des pratiques pédagogiques « adaptées » à ces publics, relevant de la didactique du français en tant que langue seconde et à visée scolaire, s’est constituée et remodelée au fil du temps et des contextes (Cuq, 1991 ; Mendonça Dias, 2012 ; Verdelhan-Bourgade, 2002 ; Vigner, 2009).

Dans le même temps, le renouvellement des populations migrantes contribue à reconfigurer substantiellement le paysage migratoire français, ce qui influence les agirs professionnels et institutionnels en charge de ces publics. Ainsi, la conjoncture migratoire se caractérise par l’arrivée d’enfants et de jeunes dans le cadre de migrations familiales, ou migrant de façon plus isolée sur le territoire. Cette situation s’accompagne d’une forte hétérogénéité sociale et éducative des personnes migrantes, qui constitue un enjeu pour les acteurs institutionnels. Ces ajustements provoquent notamment des tensions entre, d’une part, les pouvoirs publics garants des politiques d’accueil et de séjour restrictives (Lendaro, Rodier, Vertongen, 2019 ; Spire, 2008) et, d’autre part, les acteurs éducatifs, sociaux et associatifs œuvrant en faveur des droits de l’enfant et du droit à la scolarisation (Rigoni, 2019). Cette configuration produit une tension qui traverse l’expérience scolaire migrante entre un temps administratif et un temps scolaire (Armagnague, 2018). Face à cette complexification des mouvements migratoires, le défi est de taille pour les institutions éducatives, l’école mais aussi les acteurs de l’intervention sociale.
Ce colloque s’inscrit dans le cadre de la clôture du programme de recherche EDUCINCLU relatif à l’éducation inclusive des enfants et jeunes migrants, financé par l’IRES (Institut de Recherches économiques et sociales), soutenu par l’UNSA-Education et porté par l’INSHEA (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés). Il vise à mieux comprendre les questions éducatives posées par l’accompagnement des enfants et jeunes migrants à la fois dans l’univers scolaire mais aussi en dehors de celui-ci. Les propositions de communication pourront s’organiser autour des problématiques suivantes :

  • Les politiques publiques et leurs effets
    En s’intéressant aux cadres institutionnels et réglementaires organisant la scolarisation et le droit au séjour des enfants et des jeunes migrants, il s’agira d’interroger les applications par les administrations du droit à l’éducation dans différents contextes socio-politiques. Quels sont les effets des contextes politiques sur les enfants/jeunes (dont les mineurs non-accompagnés (Bailleul, Senovilla Hernandez, 2016)), sur leur accueil (Mendonça Dias, 2016 ; Schiff, Fouquet-Chauprade, 2011), sur leur socialisation à l’école, ainsi que sur le terrain scolaire et en termes d’accompagnement social et socio-éducatif (Mendonça Dias, Rigoni, 2019). Cet axe s’intéressera également à différents contextes nationaux, en analysant l’adaptation et la mise en application des principales sources juridiques internationales en matière de droit à l’éducation et d’obligations scolaires.
  • Les conditions d’accueil scolaire et éducatif
    Il s’agit ici de renforcer la connaissance liée aux différentes modalités éducatives, sociales et symboliques qui s’exercent vis-à-vis des enfants et jeunes migrants mais aussi vis-à-vis de leurs parents ou proches. L’objectif est de rassembler les travaux disponibles quant aux différentes facettes des expériences éducatives et de l’accompagnement pédagogique, social, administratif, etc., dans différents temps et lieux. Il conviendra également de s’intéresser aux effets, aux vécus et aux subjectivités enfantines (Sirota, 2006) assortissant ces orientations et politiques publiques, ainsi qu’aux modes de participation de ces personnes dans ces différents espaces. Les analyses comparatives et les regards internationaux seront les bienvenus ainsi que les études longitudinales.
  • Les dimensions pluri-professionnelles de l’accompagnement éducatif des enfants et jeunes migrants
    Cet axe vise à comprendre les divers champs professionnels, les constructions et réinterrogations des professions et professionnalités, des missions éducatives auprès de ces publics. Il importera également d’analyser la façon dont s’agencent les pratiques de différents acteurs éducatifs dont la formation et les cultures professionnelles diffèrent. Il existe parfois des tensions, des concurrences professionnelles dues à des légitimités éducatives différentes (Rigoni, 2018). Dans certains cas, une complémentarité parvient à se construire pour la résolution d’un problème tandis qu’elle échoue ailleurs. Cette partie visera l’étude des relations interprofessionnelles permettant une interrogation des professionnalités et des pratiques éducatives. Son objectif principal est l’identification de besoins professionnels et de modalités de réponse concertées.
  • Méthodologie d’enquête
    Enfin, l’attention sera portée aux méthodes d’enquête innovantes, quelles que soient leurs formes. La réflexion sur des méthodes ethnographiques d’enquête (Armagnague, Rigoni, 2016 ; Armagnague, Cossée et al., 2017 ; Clavé-Mercier, Rigoni, 2017) peut ainsi être prolongée et mise au travail par d’autres approches méthodologiques. L’explicitation des objectifs épistémologiques de ces expérimentations ou essais méthodologiques sera recherchée.


Modalités de soumission

Les propositions de communication devront répondre aux normes suivantes :

  • Nom, prénom du ou des auteurs
  • Institution(s) de rattachement
  • Adresse(s) de messagerie
  • Titre de la communication proposée
  • Axe dans lequel elle s’inscrit
  • Mots-clés (5 maximum)
  • Résumé de la proposition, de 2 500 signes (espaces compris), qui mentionnera la problématique, les données sur lesquelles se fonde l’analyse, les approches méthodologiques et disciplinaires mobilisées et les résultats.
  • Une bibliographie de 5 références au maximum.

Langues : français ou anglais

Les propositions seront envoyées aux formats WORD et PDF aux adresses suivantes : colloque.educinclu@gmail.com


Calendrier

  • 30 novembre 2019 : date limite de réception des propositions de communication
  • 15 janvier 2020 : avis sur les propositions de communication
  • 30 avril : envoi des résumés par les auteurs
  • 18-19 juin 2020 : colloque

 

Conférenciers invités :

  • Michel AGIER, directeur d’études à l’EHESS, Cems, IC Migrations
  • Mathieu ICHOU, chargé de recherche, Ined, fellow at IC Migrations
  • Benjamin MOIGNARD, MCF à l’UPEC, LIRTES, co-directeur de l’Observatoire Universitaire International Éducation et Prévention
  • Catherine WIHTOL DE WENDEN, directrice de recherche émérite au CNRS.

 

Grand témoin :

  • Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, enseignant et formateur, rédacteur aux Cahiers pédagogiques

 

Informations pratiques

  • Dates du colloque : 18-19 juin 2020
  • Lieu : INSHEA - 58-60, avenue des Landes - 92150 Suresnes
  • Tarif : Les frais d'inscription au colloque seront communiqués ultérieurement (moins de 100€)
  • Site internet du colloque (en construction) : http://www.educinclu.inshea.fr
  • Contact : colloque.educinclu@gmail.com

 

Télécharger l'appel à communication en français (.pdf, 662.87 Ko)

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