Formation déficiences visuelles au Mémorial du Mont-Valérien

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Les lundi 12 et mardi 13 novembre, les équipes des Hauts lieux de la mémoire nationale sont venues se former au Mémorial du Mont-Valérien, à l’accueil et à la médiation auprès des publics déficients visuels.

Cette formation a été réalisée par l'équipe du Service des documents adaptés aux déficients visuels (SDADV) ainsi qu'un formateur de l'INSHEA. En amont, des recommandations données par une enseignante de l'Institut national des jeunes aveugles (Inja) avaient permis d'alimenter la réflexion sur la conception d'une visite accessible aux déficients visuels. En mai dernier, cette enseignante avait déjà pu expérimenter une visite adaptée avec ses élèves déficients visuels.

La formation de novembre a permis aux personnes présentes d'appréhender à la fois, la multiplicité et la diversité des handicaps visuels, mais aussi de se rendre compte des différents travaux nécessaires pour une médiation pédagogique adaptée envers ces publics.

Lors de ces deux journées, les équipes ont pu suivre une initiation au braille, son écriture, mais aussi à la lecture tactile de ce code. Une mise en situation de la visite du Mémorial, sous un bandeau, accompagnée par les formateurs, fut un temps d’échanges et de réflexions autour des besoins d’adaptation lors de telles visites. Ces questionnements sur l’accessibilité de ces publics, aux attentes et aux besoins spécifiques, ont permis d’imaginer l’ensemble des dispositifs d’accompagnements à la visite pouvant être mis en place au sein de lieux de mémoires.

Photo de machines à braille lors de l'atelier d'initiation au braille.  Photo représentant 7 personnes à l'extérieur du Mémorial lors de l'exercice de mise en situation de déficience visuelle. Ils ont des cannes blanches et des bandeaux sur les yeux, et touchent avec les doigts les écritures sur le mur du Mémorial : " Quoi qu'il arrive la flamme de la résistance ne s'éteindra pas ".  Photo représentant une main touchant les écritures en relief des noms des résistants et otages fusillés du Mont-Valérien.

Crédit ONACVG.

C’est dans ce cadre que le SDADV de l'INSHEA, en partenariat avec le Mémorial du Mont-Valérien, a réalisé une série de documents adaptés : dernières lettres de fusillés retranscrites en gros caractères et en braille, graffitis, plan de la forteresse du Mont-Valérien et du parcours de visite ainsi que le dessin de la crypte du Mémorial de la France Combattante ont été mis en relief grâce à la technique du thermogonflage.

Voici quelques exemples de graffitis qui ont été retranscris :

Photo des graffitis adaptés en braille et en relief, 5 textes sont visibles sur la photo : " Mazy Paul, fusillé par les boches ici le 21 novembre 1942, vive la France " ; " Marseille, Rigaud Alphonse, mort fusillé, vive l'URSS " ; " Arbona Antoine, innocent, fusillé le 2 octobre 43 " ; "FTP, France d'abord " ; " Vive la France, vive l'URSS ".  Photo vue de près d'un graffiti adapté en braille et en relief : " Arbona Antoine innocent fusillé le 2 octobre 42 "

Plus d'informations sur les graffitis sur le site internet du Mont-Valérien.

Ces différents dispositifs ont pu être directement mis à l’épreuve lors du second jour de formation, avec la venue de la classe ULIS du collège Buffon, du 15ème arrondissement de Paris. Accompagnés par leur enseignante et accompagnatrice à la vie scolaire, ces jeunes collégiens, souffrant de différents handicaps visuels, ont pu visiter le mémorial du Mont-Valérien et découvrir de manière notamment tactile la Croix de Lorraine, la dalle et le monument en hommage aux fusillés. Les échanges continus avec l’équipe, tout au long de la visite, ont permis aux médiateurs d’adapter au mieux leur discours afin de transmettre de la manière la plus compréhensible et adaptée l’histoire de ce lieu si particulier et les parcours de ces hommes.

Photos de 2 mains d'enfant en train de lire un cahier en braille.  Photo de 2 enfants de dos touchant les écritures en relief des noms des résistants et otages fusillés du Mont-Valérien.  Photo de 2 mains d'enfant en train de lire la traduction braille des graffitis sur un document adapté.

Crédit ONACVG.

À l’issue de la visite, les élèves ont échangé avec les médiateurs sur leurs ressentis pendant la visite, en témoignant de ce qu’ils ont le plus apprécié et les moments où ils ont pu s’approprier le lieu et son histoire. Ils ont particulièrement apprécié les documents adaptés. Ce que le dessin permet, c’est de pouvoir travailler ensemble, voyants, mal-voyants et non-voyants, et d'échanger autour des différentes perceptions et interprétations sensorielles.

 

Plus d'informations sur le site du Mémorial du Mont-Valérien.